Duo Léandre Courtois

Extraits concert aux théâtre des Bouffes du Nord le 11 Juin 2014
La rencontre au sommet entre Joëlle Léandre et Vincent Courtois fera date dans l’histoire du festival.(L’Alsace à propos du concert au festival Météo de Mulhouse)
« Réunissez sur une scène une contrebassiste écorchée vive et un violoncelliste à la sensibilité exacerbée qui disposent tous les deux d’un solide bagage musical leur permettant de créer une palette sonore inouïe.
Deux combattants infatigables de cette musique improvisée qui se nourrit de la vie, des états d’âme, de ce qu’on a au plus profond à l’intérieur, là, précisément, dans le ventre. Les révoltes, les colères, tout l’amour qu’on devrait donner parce que c’est la seule chose qui vaille, les attentes, les doutes, les confusions, les déceptions, les espoirs… et l’humour du désespoir.
Générosité. Au-delà de la virtuosité des deux musiciens, c’est probablement le mot qui convient le mieux, tant ils ont mené jusqu’au bout, sans une seconde de répit, chacune des quelques propositions lancées sans filet dans l’espace.
On est happé par cette offrande musicale où l’énergie se loge jusque dans le moindre interstice, cette densité sonore qui s’exprime autant dans les notes que dans les silences.
Dans cette musique de l’instant, toutes sortes de fulgurances. Les deux musiciens puisent aux sources où ils se sont abreuvés, de Bach au blues, sans jamais s’installer. Ébauche de partita, notes tremblées, frottements de demi-tons, progression laborieuse dans la gamme faite de va-et-vient incessants dans un registre grave, bonds dans les harmoniques, bruissements…
Les images défilent. L’ascension éprouvante d’une montagne, la lutte perpétuelle, corps à corps, chaos, apaisement, renoncement… Puis quelques notes éparses comme la vie qui renaît timidement, la pureté d’un ciel lavé après l’orage. Nouveau chemin incertain et au détour de ce chemin, nouvelles précipitations, nouveaux accidents, nouveau combat, frénésie, débordements. Les enchaînements d’accords posés avec précaution, à peine perceptibles, se perdent dans une accélération douloureuse, un foisonnement sonore qui engloutit tout.
Vincent Courtois et Joëlle Léandre sont des orfèvres qui vous cisèlent dans l’urgence les sentiments avec une infinie délicatesse. La partition spontanée qu’ils écrivent ensemble possède une force suggestive étonnante et ils ne lâchent à aucun moment cette concentration extrême qui fait de chacune de leur performance un instant fragile et surprenant, passionnément vivant, profondément humain.
Une expérience unique, aussi épuisante que magnifique. On sort de là lessivé, submergé, rempli, heureux… Avec juste l’envie d’exprimer aux musiciens notre profonde reconnaissance pour ce rare don de soi.  » Frédérique Meichler
Joëlle Léandre meets Vincent Courtois: a landmark in the history of the festival. (in L’Alsace – Météo de Mulhouse festival)
artworks-000078928236-gz0cba-original-1“On the stage, a hypersensitive double bassist meets a raw, stormy cellist. Both possess the genius and experience to produce an astonishing palette of sound. Both, tireless fighters of improvised music, the kind fostered by life, emotions, all that stuff we hold deep inside somewhere close to the guts. Rebellion, fury, love, everything worth giving, doubt, confusion, deception, hope… and humour raised by despair.
Generosity. Surely it’s the right word – beyond virtuosity – to describe that concert. Never giving up, never releasing the tension, the duo embraces, expands each new intimation, throwing themselves into the music without a safety net.  
We are pulled into a musical offering where the slightest aperture trembles with energy and the density of sound emerges in notes, and silence.  
Flashes of brilliance inside their music of the now. The two musicians draw at the source of what they hold sacred, from Bach to the Blues, without getting comfortable. A glimpse of partita, a few trembled notes, demi-ton scrapes demi-ton, and a low, painstaking layering of incessant back and forth, a flight of harmonics, a hum, a breath, a sound… 
Images flood in. Scaling a mountain. Tussling, grappling, brawling, over and over. Chaos, stillness, renunciation… Then a few scattered notes like life timidly birthed again. The sky is clear now. After the storm. A new, hesitant route. Change direction – new rains, accidents, clashes, frenesies, extremes. The chain of chords laid carefully, almost  imperceptibly, lost in painful acceleration, a sonorous proliferation that swallows everything. 
Vincent Courtois and Joëlle Léandre are goldsmiths urgently chiseling emotions with infinite gracefulness. Their spontaneously written partition has a surprisingly suggestive force and they never relinquish their focus on giving each second of their performance something fragile, shocking, passionately alive, deeply human.  
A unique experience, exhausting and magnificent. We leave exhausted, drowned, overflowing, joyful… and deeply grateful to the musicians for their kindness. Frédérique Meichler
photographie : Darek Szuster

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